Les fondateurs

 

L’histoire de la Congrégation commence dans le Morbihan, à Beignon, commune d’origine des fondateurs Gabriel Deshayes et Michelle Guillaume.

 

Gabriel DESHAYES

Né le 6 décembre 1767, Gabriel DESHAYES, enfant et adolescent, est sensible à la misère des pauvres et donne facilement vêtements et nourriture. Grâce à son curé, il apprend le français et des rudiments de latin qui lui permettent de rejoindre à 14 ans le petit séminaire des Lazaristes, disciples de St Vincent de Paul. Il est séminariste au moment où éclate la Révolution française. Il est ordonné diacre le 18 septembre 1790.
Avec intrépidité, il tente de rejoindre en bateau l’Angleterre avec deux camarades pour être ordonné prêtre, mais une tempête les déroute sur l’île de Jersey où un évêque l’ordonne prêtre le 4 mars 1992. Et le voilà de retour sur sa paroisse où il rejoint au péril de sa vie les prêtres dans la clandestinité pendant 8 ans.


Dans un monde bouleversé par la tourmente révolutionnaire, Gabriel se fait bâtisseur. Il relance ou fonde des congrégations. Avec audace et charité, il devient un véritable « entrepreneur de la Providence » :
Curé d’Auray, Gabriel Deshayes s’inquiète de ceux qui sont dans la misère matérielle et spirituelle. Il organise des visites aux prisonniers, crée un centre d’éducation pour les enfants sourds à la Chartreuse d’Auray ; pour donner du travail aux chômeurs, il ouvre une filature et entreprend des travaux d’aménagement public. Il a le souci d’éduquer la foi des adultes en assurant des prédications et des retraites.

Dans le même temps, cet homme entreprenant, audacieux, plein d’humour, est très soucieux de « donner aux enfants une instruction qui leur fera chérir la vérité ». C’est ainsi qu’avec Michelle Guillaume, il fonde les Sœurs de l’Instruction Chrétienne, appelées plus tard Sœurs de Saint Gildas ; il sera aussi cofondateur des Frères de l’Instruction Chrétienne de Ploërmel.

Le 17 janvier 1821, il est nommé Supérieur Général des Congrégations fondées par saint Louis Marie Grignion de Montfort. Il vécut alors à Saint-Laurent-sur-Sèvre en Vendée. C’est là qu’il mourut en 1841. Son tombeau y est toujours vénéré.

Dans son sillage, 5 congrégations et des centaines de laïcs associés s’inspirent de son esprit et continuent ses œuvres. Ils ont engagé des démarches pour demander sa béatification.

 

Michelle GUILLAUME

Née le 14 mars 1779, Michelle GUILLAUME fait connaissance de Gabriel DESHAYES pendant la Révolution. Son père est l’un de ceux qui l’héberge. Michelle a 13 ans, son « intelligence précoce et un solide jugement » inciteront Gabriel a lui enseigné le catéchisme et lui donner une instruction au-dessus de sa condition et de son âge. Il devient aussi son accompagnateur spirituel.
Attirée par une vie toute donnée au Christ, elle s’engage très jeune dans le Tiers-Ordre du Mont Carmel et en reçoit l’habit et la règle. Elle aimerait rejoindre sa sœur, moniale à Ploërmel, mais Gabriel DESHAYES et ses parents s’y opposent. Gabriel lui propose alors d’engager sa vie au service de l’éducation des enfants de sa paroisse. Il lui propose une formation auprès des Dames Augustines de la Miséricorde d’Auray. Revenue à Beignon, elle inaugure sa fonction d’institutrice le 5 mai 1807 près des petites filles.
Pendant 10 ans, Michelle va connaitre un combat intérieur entre son désir de vie monastique et son service des enfants dans l’éducation. Ce qui ne l’empêchera pas de se donner pleinement à sa mission éducative. Ce sont les enseignements sur la vie religieuse et spirituelle donnés par deux jésuites en 1815 qui lui permettront de choisir sereinement et pleinement la vie religieuse apostolique. Ce combat spirituel lui permet d’acquérir de l’expérience pour la direction des personnes qui allaient se confier à elles.
En 1820, elle deviendra la première supérieure générale de la Congrégation des Sœurs de l’Instruction Chrétienne.
Michelle GUILLAUME mourra le 28 juin 1826, âgée de 47 ans entourée de ses sœurs.

 

Mgr Guillaume ANGEBAULT

Mgr Guillaume ANGEBAULT est né le 17 Juin 1790 à Rennes où son père plaidait au Parlement. A la suppression des Parlements, ses parents vinrent se réfugier à Nantes. Son père le destinait au barreau ; sa mère ne pouvait se faire à l’idée de le voir prêtre. Mais Guillaume, brillant élève, de santé fragile, était très déterminé.
Il fut ordonné prêtre à Angers en 1815, et nommé vicaire à Saint Donatien de Nantes. Ses nombreuses compétences furent vite reconnues : il fut nommé secrétaire à l’évêché en 1817, vicaire général honoraire en 1830 et grand-vicaire en 1832. Monseigneur DE GUÉRINES, évêque de Nantes, le désignait comme la « perle de son diocèse ». En 1833, il lui ajouta la charge de Supérieur des sœurs de Saint-Gildas. Les sœurs s’inquiétaient de perdre leur fondateur nommé depuis plusieurs années : Supérieur des Congrégations montfortaines.
Le Père DESHAYES les rassura ainsi : « Je serai toujours votre Père et j’en conserverai toujours les sentiments ».


Le Père ANGEBAULT a contribué par ses choix, comme par ses écrits, en particulier, « Lettres sur la Vie Religieuse », à enraciner la vie religieuse des sœurs de St Gildas dans la tradition de l’Église.